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Fréquence des tempêtes
Aspects économiques
Foire aux questions - Réponses
1. En Suisse, Lothar en
décembre 1999 a mis à terre deux fois plus de bois que Vivian en février
1990. Comment s’expliquent ces énormes quantités de chablis? >>
2. La pollution atmosphérique
et l’acidification des sols ont-elles affaibli les arbres au point qu’ils
opposent moins de résistance aux tempêtes, par exemple parce que leur
système racinaire est moins développé? >>
3. En de nombreux endroits,
des forêts protectrices ont été endommagées voire détruites. Le danger lié
aux avalanches, aux chutes de pierres et aux laves torrentielles est-il
plus élevé dans ces forêts? Que faut-il faire? >>
4. Les propriétaires
forestiers doivent-ils évacuer les chablis ou les laisser sur place? >>
5. Comme après Vivian, les
chablis de Lothar ont connu des pullulations de scolytes et donc de forts
dommages. Que peut-on faire pour éviter ces pullulations ou du moins en
limiter les dégâts? >>
6. Quel est le risque de
pullulation de scolyte curvidenté (Pityokteines curvidens) après une
tempête ? >>
7. Faut-il
installer des pièges à
phéromones dans les zones de chablis ? >>
8. Faut-il
replanter dans des forêts endommagées ou détruites ? >>
9. Lothar a endommagé des
forêts en région de montagne et en plaine. Faut-il intervenir différemment
selon l’altitude ? >>
10. Que représentent de tels
dégâts pour la nature ? >>
11. Existe-t-il une relation
entre "Lothar" et le réchauffement climatique ? Les
tempêtes sont-elles plus fréquentes ? >>
12. Comment les chablis doivent-ils être
entreposés ?
L’entreposage par voie humide est-il fiable ? Un entreposage sous
bâches en plastique est-il une alternative possible sur le long terme et
sans perte de qualité ? >>
- En Suisse, Lothar en décembre 1999 a mis à terre deux fois plus de bois que Vivian en février 1990. Comment s’expliquent ces énormes quantités de chablis?
Les raisons principales sont la
vitesse exceptionnelle du vent et des rafales. Au nord des Alpes, la tempête a
renversé des arbres de toutes les espèces et toutes les classes d’âge,
toutefois dans des proportions très variables localement ou régionalement. Ces
différences dépendent d’une part de l’espèce et de la hauteur des arbres,
d’autre part du fait que les rafales ont balayé la Suisse selon des
trajectoires d’intensité variable. Ces tempêtes ont fait davantage de dommages
que celles d’il y a cent ans parce que non seulement la surface forestière mais
aussi le volume sur pied a fortement augmenté pendant cette période.
- La pollution atmosphérique et l’acidification des sols ont-elles affaibli les arbres au point qu’ils opposent moins de résistance aux tempêtes, par exemple parce que leur système racinaire est moins développé?
La vitesse du vent et des rafales était
exceptionnellement élevée pendant Lothar, comme en témoignent le grand nombre
d’arbres brisés. Cependant en ce qui concerne les arbres déracinés, la question
ci-dessus appelle une réponse à plusieurs niveaux.
Tout d’abord, le système racinaire d’un arbre est le produit de trois
facteurs: la croissance racinaire (c’est-à-dire dans quelle direction et à
quelle vitesse poussent les racines), les propriétés du sol, et les conditions
climatiques. Chacun de ces trois facteurs est lui-même un système complexe,
soumis à des modifications et à des variabilités spatiales et temporelles.
Les arbres élaborent des systèmes racinaires
différents d’une espèce et d’un individu à l’autre. De plus, un système
racinaire évolue avec l’âge, et dépend fortement des propriétés du sol, qui
peuvent le modifier. Un impact de la pollution atmosphérique ne peut pas être
exclu, mais aucune preuve concluante n’a été établie à ce jour. Le degré
d’acidité d’un sol est certes surtout déterminé par la roche-mère. Il est
toutefois probable que l’acidification du sol due à la pollution atmosphérique
contribue à un certain degré aux dommages causés par les tempêtes.
- En de nombreux endroits, des forêts protectrices ont été endommagées voire détruites. Le danger lié aux avalanches, aux chutes de pierres et aux laves torrentielles est-il plus élevé dans ces forêts? Que faut-il faire?
Le bois de tempête pose un problème lorsqu’il encombre les cours d’eau, ce
qui peut alors causer des obstructions et des laves torrentielles. Sur terrain
très pentu ou dans des zones fortement enneigées, où les chablis se mettent
presque d’eux-mêmes en mouvement, il existe localement un danger d’avalanche au
départ de chablis non déblayées. En cas de menace pour des vies humaines
ou des biens matériels, il faut déblayer
les chablis, construire des protections pare-avalanches, et replanter. L’Aide
à la décision donne des indications
concrètes pour identifier les surfaces de chablis qui entrent dans cette
catégorie.
En dehors de ces cas, la protection contre les décrochements d’avalanches
est en principe assurée dans les forêts protectrices endommagées ou détruites
pendant au moins dix ans après une tempête. Les arbres brisés et les galettes
racinaires font office de pare-avalanches, et la fonction protectrice est à
peine moindre que dans une forêt intacte. Son efficacité ne diminue qu’au fil
des ans, voire des décennies, lorsque le bois se tasse et se décompose. Après
30 à 50 ans, c’est à la régénération de prendre le relais en matière de protection,
ce qui peut s’avérer particulièrement difficile en altitude, où les semis ne
poussent que très lentement. Quant à la protection contre les chutes de
pierres, pendant les premières décennies elle est même meilleure sur les
chablis non déblayés que dans une forêt intacte.
- OFEV 2008: Aide à la décision en cas de dégâts de
tempête en forêt. Aide à l’exécution pour le choix du traitement par
peuplement. Aide-mémoire en cas de dégâts de tempête 2008, partie 3.
L’environnement pratique n° 0801. Office fédéral de l’environnement, Berne. 132
p. (également disponible en allemand et en italien). PDF 1,15 Mo
- Les propriétaires forestiers doivent-ils évacuer les chablis ou les laisser sur place?
On ne peut pas répondre de manière générale à cette
question. Les décisions doivent se prendre individuellement pour chaque
chablis, en s’appuyant sur l’Aide à la décision de
l’OFEV, qui fait appel aux principaux critères suivants:
- Protection contre les
dangers naturels
- Prévention contre les
dommages secondaires, par exemple dus au scolyte
- Gestion forestière
- Protection de la nature
- Société
- Coûts/Bénéfices
Les critères "Protection contre les dangers naturels" et "Prévention
contre les dommages secondaires" occupent une place particulière. La Loi
forestière prévoit en effet la possibilité de décréter une mesure (par exemple
déblayer les chablis ou les laisser sur place). Le propriétaire peut dans ce
cas être indemnisé par le canton (sauf évidemment si la mesure décrétée
consiste simplement à laisser les chablis sur place).
Partout où aucune mesure n’est indispensable dans l’intérêt public, la Loi
forestière ne prévoit aucune possibilité d’indemnisation (par exemple dans le
cadre des dispositions en cas de catastrophe naturelle). Le gestionnaire est
alors libre de décider si les chablis doivent être évacués ou non. L’Aide à
la décision doit lui permettre de faire un choix raisonné, en prenant particulièrement
en compte les aspects économiques: si la vente du bois peut être bénéficiaire,
il faut déblayer; si les travaux de nettoyage sont déficitaires, il faut y
renoncer.
- OFEV 2008: Aide à la décision en cas de dégâts de
tempête en forêt. Aide à l’exécution pour le choix du traitement par
peuplement. Aide-mémoire en cas de dégâts de tempête 2008, partie 3.
L’environnement pratique n° 0801. Office fédéral de l’environnement, Berne. 132
p. (également disponible en allemand et en italien). PDF 1,15 Mo
- Comme après Vivian, les chablis de Lothar ont connu des pullulations de scolytes et donc de forts dommages. Que peut-on faire pour éviter ces pullulations ou du moins en limiter les dégâts?
Trois facteurs déterminent le déroulement du
développement des scolytes: la population au point de départ, le matériel de
ponte et les conditions climatiques. Les pullulations sont entravées sur des
sols avec une forte capacité de rétention d’eau. Par ailleurs, une dispersion
de grande envergure du ravageur est plus difficile dans des peuplements étagés
et bien mélangés.
Selon toute attente, les énormes quantités de bois d’épicéa à terre après Vivian et Lothar ont entraîné des pullulations de scolytes. Les plus
touchés furent les peuplements avec une forte proportion d’épicéas. Les
insectes se sont d’abord développés dans le bois à terre, avant de s’attaquer
un ou deux ans plus tard aux épicéas debout. Entre 2000 et 2007, les quantités
de bois d’épicéas sur pied infesté sont sensiblement comparables à celles de
bois mis à terre par Lothar. Les zones dans lesquelles les chablis et le bois
infesté ont été déblayés trop tard contribuent en première ligne à ces
chiffres, mais aussi la canicule de l’été 2003.
Pour réduire les attaques de scolytes, les experts conseillent plusieurs
mesures. En évacuant ou en écorçant avant l’envol des scolytes les troncs de
résineux attractifs pour ces ravageurs, ou déjà infestés, on peut contenir une
pullulation mais rarement l’éviter. Quand les zones infestées sont très
étendues, une évacuation complète et conduite à temps est presque toujours
incontournable. Il faut alors définir des priorités, par exemple en s’appuyant
sur l’Aide à la décision (OFEV 2008). Le risque de pullulation doit être évalué au
niveau local mais les mesures doivent être prises au niveau régional
(peuplements communs, vallées). Si l’on se décide en faveur d’une évacuation, il
faut tenir compte des principes suivants :
- Le bois d’épicéa doit être
évacué complètement et à temps (avant l’envol de la première génération
de scolytes) sur toutes les surfaces de chablis.
- Si cette mesure n’est pas
possible, il faut d’abord évacuer les dégâts épars et nettoyer les
petites surfaces de chablis.
- Si des arbres sur pied
sont déjà attaqués, ils doivent être traités en priorité, notamment en
présence de foyers récents. Les foyers plus anciens s’éteignent souvent
rapidement sous l’action d’ennemis naturels du scolyte.
-
Les critères de décision sont décrits en détail dans les publications suivantes:
- Forster,
B.; Meier, F., 2008: Tempêtes,
conditions météoroliques et scolytes. Gestion des risques en protection de la
forêt. Not. prat. 44: 8 S. [PDF, 376 ko] (également
disponible en allemand)
- OFEV 2008: Aide à la décision en cas de dégâts de
tempête en forêt. Aide à l’exécution pour le choix du traitement par
peuplement. Aide-mémoire en cas de dégâts de tempête 2008, partie 3.
L’environnement pratique n° 0801. Office fédéral de l’environnement, Berne. 132
p. (également disponible en allemand et en italien). PDF 1,15 Mo
- Quel est le risque de pullulation de scolyte curvidenté (Pityokteines curvidens) après une tempête ?
Selon la littérature scientifique, les pullulations de scolyte curvidenté
ont surtout été observées dans des sapinières sur des stations non optimales:
sud de la chaîne du Jura, vallées à foehn, stations superficielles (sur
gravier) sur le Plateau et dans l’Ajoie. Après les tempêtes Vivian et Lothar, les pullulations de scolyte curvidenté
n’ont pas non plus épargné les sapins sur pied, mais dans des proportions bien
inférieures aux attaques de typographe sur épicéa. Le scolyte curvidenté réagit apparemment plus fortement aux
canicules et aux sécheresses qu’aux tempêtes. L’évacuation de matériel de ponte
est une mesure préventive appropriée contre les pullulations. L’Aide à
la décision de l’OFEV s’applique
également au sapin.
S’il faut choisir entre sapin et épicéa pour définir des priorités, les
zones riches en épicéas doivent être évacués en premier. Dans des peuplements
mélangés adjacents, il est possible que les deux espèces de scolytes passent aux
arbres vifs sur pied, mais le risque qu’elles attaquent ensemble les deux
essences est plus réduit.
- OFEV 2008: Aide à la
décision en cas de dégâts de tempête en forêt. Aide à l’exécution pour le
choix du traitement par peuplement. Aide-mémoire en cas de dégâts de
tempête 2008, partie 3. L’environnement pratique n° 0801. Office fédéral
de l’environnement, Berne. 132 p. (également disponible en allemand et en
italien). PDF 1,15 Mo
- Nierhaus-Wunderwald, D.; Forster, B., 2000: Les
insectes corticoles des pins. Not. prat. 12 p. [PDF, 400 kb]
- Nierhaus-Wunderwald, D., 1999: Biologie des insectes corticoles du sapin blanc. 2ème édition remaniée. Not. prat. 23: 8 S. [PDF, 2.3 MB]
- Faut-il installer des pièges à phéromones dans les zones de chablis ?
Tant que des chablis attractifs
pour les ravageurs font concurrence aux pièges, la mise en place de pièges ne
fait aucun sens pour lutter contre les scolytes. Il est toutefois possible de
les installer afin de suivre une population d’insectes (seulement pour leur
envol et l’évolution de leur activité), mais là aussi nous recommandons la
prudence. En revanche, si les chablis sont desséchés ou évacués, les pièges à
phéromones peuvent être installés dans des foyers nettoyés dans le cadre d’une
lutte intégrée et contribuer ainsi à réduire le risque d’une attaque. Lorsque
ce risque est élevé, en présence de nombreux arbres vifs sur pied infestés,
ceci ne fonctionne toutefois pas
- Faut-il replanter dans des forêts endommagées ou détruites ?
En montagne, une reforestation
peut être nécessaire dans les zones où une forêt protectrice doit être
rapidement efficace, en particulier sur des terrains pentus et en altitude, et
en combinaison avec des pare-avalanches temporaires. Dans les autres cas, on
peut presque toujours laisser faire la régénération naturelle, qui fonctionne
en général bien, et qui s’installe plus vite en plaine qu’en montagne.
Lorsqu’une forêt est détruite à 100% sur de grandes surfaces, la régénération
naturelle peut mettre du temps à s’installer, si trop peu de semenciers ont
survécu, si aucun semis n’était présents avant la tempête, ou si le sol
est rapidement recouvert par les ronces de mûrier ou par la fougère aigle. Enfin,
la décision de replanter dépend des conditions stationnelles et des objectifs à
atteindre. L’Aide à la décision en cas de dégâts de tempête illustre par des exemples concrets les différents
arguments en faveur de la régénération naturelle et de la plantation.
- OFEV 2008: Aide à la
décision en cas de dégâts de tempête en forêt. Aide à l’exécution pour le
choix du traitement par peuplement. Aide-mémoire en cas de dégâts de
tempête 2008, partie 3. L’environnement pratique n° 0801. Office fédéral
de l’environnement, Berne. 132 p. (également disponible en allemand et en
italien). pdf 1,15 Mo
- Lothar a endommagé des
forêts en région de montagne et en plaine. Faut-il intervenir différemment
selon l’altitude ?
En principe les interventions doivent être différentes selon l’altitude. Le
Plateau convient bien à une grande variété d’essences, dont de nombreuses
essences feuillues, pour lesquelles la régénération naturelle ne pose en
principe pas de problème. Plus l’altitude augmente, plus la palette d’essences
est réduite. En haute altitude, l’épicéa domine souvent naturellement et qui
dans certaines associations forestières a besoin de bois en décomposition pour
se régénérer. Dans ces stations, le fait de laisser en place une partie des
arbres dépérissants, ou des arbres brisés ou déracinés par une tempête, profite
à long terme à la régénération.
En montagne, la reforestation et la croissance sont beaucoup plus lentes
qu’en plaine. La gestion forestière est en outre bien plus coûteuse en temps et
en argent en montagne. Les plantations et les soins exigent d’autant plus de
temps que les conditions environnementales sont extrêmes (stations à gros
blocs, etc.), et les échecs sont fréquents.
L’abroutissement de certaines essences de prédilection du gibier est un
problème dans de nombreuses régions, mais dans des proportions variables d’une
région à l’autre. Après de forts dégâts de tempête, la gagnage se développe
dans un premier temps ; une chasse adéquate peut réduire la pression de
gagnage.
En montagne, la protection directe contre les dangers naturels a priorité
en de nombreux endroits, ce qui explique que la reforestation y soit considérée
d’intérêt public. Dans les forêts qui assurent une fonction protectrice élevée,
le bois mort à terre protège de moins en moins au fur et à mesure qu’il se
décompose, mais dans le même temps les nouvelles générations d’arbres prennent
le relais au fil des décennies. Il faut toutefois surveiller le moment où
l’efficacité de la protection. Si l’on craint que la reforestation ne soit trop
longue à se développer, il faut l’accompagner de plantations et/ou de
pare-avalanches pour garantir la fonction de protection.
L’épicéa est l’essence la plus fréquente et la plus
importante pour toutes les fonctions de la forêt de montagne. C’est pourquoi
les conséquences d’une attaque de scolytes sur les arbres épargnés par la
tempête (éventuellement un anéantissement du peuplement) et des dégâts
secondaires peuvent être beaucoup plus graves que sur le Plateau
- Que représentent de tels dégâts pour la nature ?
Une tempête peut entraîner l’effondrement de nombreux peuplements. La
plupart des arbres brisés ou déracinés sont morts, la végétation du sous-bois
est déchiquetée. L’habitat de certains individus ou de certaines espèces
disparaît, au profit toutefois d’autres.
Une tempête ne remet pas en cause l’existence même d’une forêt. Depuis
Lothar, la régénération s’est installée jusque sur la plupart des zones
dénudées. Dès que le couvert se referme, un "climat forestier" se
développe à nouveau dans le sous-bois.
La régénération se développe différemment selon qu’une surface de chablis
est nettoyée ou non. Après une évacuation, la situation est comparable à ce que
nous connaissons après une coupe rase. Les arbustes héliophiles et les essences
pionnières non longévives (saule, bouleau, sorbier des oiseleurs) sont les
premiers à coloniser ces chablis. La végétation de coupe est caractérisée par
des plantes herbacées, des graminées et des herbes hautes (mégaphorbiaie). Dans de
nombreuses pessières du Plateau, l’évacuation des chablis fait place à des ronces
de mûriers inextricables. Au même titre que la végétation de coupe, les ronces
procurent le gîte et le couvert au gibier. Sur les chablis, on rencontre de
nombreuses espèces de carabidés typiquement attirées par la lumière et la
chaleur.
Les rares chablis non évacués qui ont pu faire l’objet d’un suivi à ce
sujet se sont développés autrement. Elles présentent par exemple une
composition en espèces d’arbres comparable à la situation antérieure à la
tempête. Le bois mort à terre offre nourriture et sites de ponte à de
nombreuses espèces de champignons et d’insectes. Celles-ci influencent la
qualité du bois en décomposition, ce qui explique la présence sur un même site
de tous les stades, depuis le bois frais jusqu'à l’intégration complète dans
l’humus du sol forestier. Dans les forêts de montagne, le bois en décomposition
joue par ailleurs un rôle important dans la régénération naturelle, en
particulier pour l’épicéa.
Les tempêtes font partie du cycle vital de la forêt –
elles signifient régénération, renouvellement, renouveau. Grâce à elles, la
diversité des structures et des espèces animales et végétales augmentent dans
un premier temps.
- Existe-t-il une relation entre Lothar et le réchauffement climatique ? Les tempêtes sont-elles plus fréquentes ?
Les
experts supposent que l’effet de serre augmente le dégagement d’énergie dans
les masses d’air au niveau global, ce qui peut renforcer l’intensité des
tempêtes. L’analyse de longues séries de mesures du vent à Zurich ont montré
que les rafales étaient plus violentes lors des tempêtes des dernières
décennies qu’autrefois. Ces résultats laissent entrevoir que les tempêtes ne
diminueront en tout cas pas en puissance à l’avenir.
- Tempêtes
plus violentes et dégâts en forêt plus élevés (Actualités du WSL, 17 décembre
2009)
- Comment les chablis doivent-ils être entreposés ? L’entreposage par voie humide est-il fiable ? Un entreposage sous bâches en plastique est-il une alternative possible sur le long terme et sans perte de qualité ?
- L’entreposage par voie humide est en soi une solution qui
a fait ses preuves. Une attaque par l’armillaire couleur de miel (pourridié)
dans des conditions défavorables peut toutefois entraîner une décomposition et
donc une forte dépréciation. Les recommendations suivantes permettent de
réduire le risque de décomposition :
- Entreposage sous bâches en plastique
Il existe pour cela deux méthodes:
- Entreposage des grumes
avec écorce en atmosphère confinée dans des bâches en plastique scellées
hermétiquement par thermo-soudure, avec bâche au sol. L’oxygène est rapidement
éliminé par les microorganismes. Insectes et champignons pathogènes n’ont
aucune chance de survie. Cette méthode permet une conservation des grumes sans
dévalorisation jusqu’à 4 ans pour l’épicéa, 1 an pour le hêtre. Dans des
circonstances optimales (sans aucun dérangement), la perte de qualité du bois
est minime.
- Entreposage des grumes de résineux en piles sous des
bâches de silo (sans bâche au sol). Le bois reste humide et est protégé des
attaques d’insectes. Il peut rester entreposé jusqu’à 3 ans. Des décolorations
et plus tard des échauffures apparaissent par endroits à partir de la deuxième
année. Cette méthode est utilisée depuis plusieurs années avec succès dans les
cantons de Schaffouse et d’Argovie pour du bois écorcé.
En ce qui concerne l’entreposage sous bâches en plastique, nous manquons
encore d’expérience à grande échelle, par exemple après une catastrophe. Les
premières observations par les praticiens indiquent que les piles de bois
bâchées ne sont pas partout une bonne solution (effet visuel, vandalisme,
dégâts dus au transport du bois, aux chutes de branches, aux tempêtes,
formation de flaques ou de glace entraînant des déchirures dans les bâches). En
revanche, cette méthode est appropriée sur un site central de dépôt à
l’extérieur de la forêt et sans accès pour le public, où un contrôle régulier
est possible. Le principal inconvénient est que l’emballage et le déballage des
grumes est coûteuse en temps, et qu’on ne peut donc pas ajouter ou retirer à tout
moment du bois sur les piles. Celles-ci doivent être emballées par paquets de 150 à 250 m³, ce qui exige beaucoup de place. Selon
les recommendations de l’Empa, un entreposage par voie humide est préférable en
conditions normales.
- Communauté
Suisse pour la protection des forêts CS PF. 2000. Notices: Entreposage du bois rond. Alternatives
au traitement chimique des dépôts de bois ronds en forêt contre des ravageurs.
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