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Durée: 2003 - 2019

Soins aux jeunes peuplements dans une forêt mixte de feuillus à Buechberg, Diessenhofen

Kandidat Jungwaldpflegeversuch Diessenhofen
Fig. 1: Cerisier choisi comme
candidat sur la parcelle
d’essai de Diessenhofen.
Photo: U. Wasem

Qu'entend-on par soins aux jeunes peuplements?

Il s’agit de l’ensemble de toutes les interventions forestières aux différents stades de développement du recrû, du fourré et du bas perchis. Pour les recrûs, les cent arbres les plus gros d’un hectare mesurent moins de 1,3 m de hauteur, au stade du fourré le diamètre à hauteur de poitrine (DHP) de ces arbres est inférieur à 10 cm et dans le bas perchis, il est compris entre 10 et 20 cm.

Les soins aux jeunes peuplements doivent permettre d’orienter la répartition des essences conformément aux objectifs de l’exploitant, et d’améliorer la qualité des troncs et la résistance des arbres aux contraintes mécaniques (notamment le poids de la neige).

Ces soins visent à favoriser les arbres possédant les qualités désirées (santé, croissance rapide, essence souhaitée, troncs rectilignes et stables à axe continu, branches fines, voir fig. 1) en supprimant ou affaiblissant leurs concurrents (« sélection positive ») ou en supprimant les arbres présentant des caractéristiques non souhaitées (« sélection négative »). Les arbres favorisés (« candidats ») sont choisis de telle sorte que leur répartition spatiale corresponde à celle projetée pour un peuplement adulte (« espacement final »). Il est également possible de favoriser moins ou plus de candidats.

Le projet « Soins aux jeunes peuplements dans une forêt mixte de feuillus » examine l’efficacité de ces soins et détermine les interventions auxquelles on peut renoncer sans grands désavantages.

Objectifs du projet

Les objectifs du projet sont de:

  1. tester différentes procédures de soins aux jeunes peuplements dans les forêts mixtes de feuillus, et de proposer une approche à la fois économique et efficace;
  2. créer en collaboration avec la pratique forestière une parcelle de démonstration de ces procédures.

Les quatre variantes de soins

  1. Aucune intervention (contrôle)
  2. Première éclaircie en 2014 à une hauteur dominante d’environ 12 m, candidats à l’espacement final
  3. Première éclaircie à une hauteur dominante d’environ 5 m, candidats à l’espacement final, éclaircies en 2007 et 2014.
  4. Soins en plein traditionnels, 500-700 candidats par ha, éclaircies en 2003, 2007, 2011 et 2014.

Quelles sont les méthodes employées?

Le projet s’appuie sur une expérimentation de terrain sur des chablis de 25 ha provoqués par la tempête Lothar (1999), dans une forêt mixte de feuillus près de Diessenhofen (Canton de Thurgovie). Les jeunes peuplements sont pratiquement entièrement naturels. La parcelle d’essai se trouve dans une hêtraie à aspérule (associations forestières 7a, 7f, 7 g) à une altitude de 425-450 m et exposée en partie au nord et en partie à l’ouest sur des versants peu inclinés. Les propriétaires sont la commune de Diessenhofen et le canton de Thurgovie. La parcelle a été choisie parce que sa taille permettait de créer un site d’essai dans des conditions opérationnelles, et parce qu’elle présente une grande diversité d’essences.

La parcelle d'essai s’étend sur 7,3 ha; le dispositif expérimental en blocs comprend quatre types d’intervention (variantes de soins) et quatre répétitions (figure 2). Les 16 sous-parcelles couvrent de 0,34 à 0,69 ha. Trente candidats ont été marqués sur chaque sous-parcelle. On note périodiquement leurs caractéristiques comme le DHP, la hauteur de l’arbre et la forme du tronc. En outre, en 2003 et 2014, un inventaire de tout le jeune peuplement a été effectué sur 480 parcelles d’essai circulaires (soit quelque 10 000 jeunes arbres référencés).

Les soins sont discutés entre le WSL et les exploitations forestières participantes, et exécutés par ces dernières sur chaque sous-parcelle en notant le temps investi.

Plan du site d'essai de Diessenhofen
Fig. 2. Plan du site d’essai A-D variantes de soins, 1 à 4 répétitions.
Cliquer sur le graphique pour l'agrandir.
 

Résultats et intérêt pour la pratique

Le nombre de tiges d’au moins 20 cm a été divisé par deux entre 2003 et 2014, en passant de 31000/ha à 15 900 par hectare; la surface terrière s’élevait en 2014 en moyenne à 19,6 m2/ha. Les 474 candidats atteignaient en 2014 en moyenne 10,7 m (± 0,2 m, erreur type) et présentaient un DHP de 11,1 cm (± 0,3 cm); en comparaison avec tous les jeunes plants, ils étaient  plus gros que la moyenne (fig. 3). En 2014, l’ensemble de la parcelle comptait 58 % de hêtres, 14 % de charmes, 8 % de pins, 6 % de chênes et 4 % de sapins. Parmi les candidats, on comptait 41 % de hêtres, 12 % de chênes, 7 % de cerisiers, 12 % de pins et 7 % de sapins. Au total, plus de 20 essences étaient présentes dans le jeune peuplement (fig. 3).

graphique 3
Fig. 3. Répartition du nombre de tiges pour les différentes classes de DHP pour toutes les procédures de soins et les répétitions des candidats (à gauche) et tous les arbres (à droite) en 2014. Les arbres avec un DHP < 1 cm n’ont été que partiellement saisis. 
 


Les interventions ont eu les conséquences suivantes jusqu'en 2014:

  1. elles ont réduit la surface terrière d’environ 25 %;
  2. elles ont augmenté la probabilité qu’un candidat conserve son statut, également en considérant toutes les essences sans les hêtres et les charmes;
  3. elles ont probablement diminué légèrement la perte d’essences,
  4. et elles ont très peu réduit la hauteur des arbres (uniquement procédure D).

Les coûts des soins se sont élevés à 413 CHF/ha pour la procédure B, 2180 CHF/ha pour la procédure C et 5002 CHF/ha pour la procédure D. Le coût de conservation d’un candidat des essences désirées (sans les hêtres et les charmes) entre 2003 et 2014 est évalué à 133 CHF pour la procédure C, et 188 CHF pour la procédure D.

Dans l’ensemble, les résultats confirment que des interventions précoces dans les jeunes peuplements permettent de conserver des mélanges d'essences avec le hêtre, mais qu’elles sont coûteuses. C’est pourquoi elles doivent être appliquées avec retenue, en plein, et seulement là où la préservation des mélanges d'essences est importante.

Financement

Le canton de Thurgovie et l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) couvrent une partie des coûts du projet, le reste étant supporté par le WSL.

Contact

 
Mots-clés sylviculture, essence, changement climatique, parcelle d'essai, expérience de terrain

 

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