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Pourquoi protège-t-on en particulier le grand tétras?

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Le grand tétras est un oiseau magnifique. Le mâle peut atteindre 5 kg. Photo: Sébastien Sachot.
 
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La femelle est bien camouflée au sol et dans les arbres. Photo: Sébastien Sachot.
 
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Plumes, crottes et traces de pattes: même si le grand tétras se cache bien, on peut retrouver sa trace. Photos: Kurt Bollmann, WSL
 
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Le grand tétras se sent bien dans une forêt de montagne de ce type à plusieurs «étages», peu dense, et avec des buissons de myrtilles. Photo: Kurt Bollmann, WSL
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En Suisse, il ne reste qu’un millier de grands tétras. Ces oiseaux ont besoin d’habitats très particuliers et sont très sensibles aux dérangements par les humains. Lorsqu’on le protège, d’autres espèces d’animaux et de plantes qui vivent dans les forêts de montagne clairsemées en profitent également.

Raquettes aux pieds, jumelles autour du cou et carnet de terrain dans le sac – c’est parti! Kurt Bollmann, biologiste au WSL, s’élève sur un versant forestier raide, au-dessus d’Amden (SG). Le manteau neigeux y subsiste jusqu’en mai. Les raquettes crissent dans la neige, l’air est froid, la montée en forêt est rude. Soudain, il tend l’oreille. Un bruissement dans les arbres, puis un formidable claquement: «C’est un grand tétras qui s’est envolé!»

Mais le chercheur n’a pas pu voir l’oiseau. Car bien que le grand tétras mâle soit aussi gros qu’une oie, il sait parfaitement se dissimuler. La femelle est plus petite, et son plumage lui sert de camouflage. Les oiseaux sont rares et très craintifs. Le grand tétras fait partie de la liste rouge des espèces menacées. Le risque d’extinction de cette espèce en Suisse est élevé.

Pourtant Kurt Bollmann sait que les animaux sont là. Sous un arbre, il trouve une crotte arrondie dans la neige: «Un grand tétras a dormi dans cet arbre. Cette crotte nous permet de déterminer en laboratoire s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle, et d’où vient l’animal.» Parfois, ce sont des traces dans la neige ou des plumes dans les buissons qui trahissent la présence du grand tétras.

Un oiseau exigeant

Lors d’un grand projet de recherche, Kurt Bollmann et les chercheurs de la station ornithologique de Sempach et de l’Université de Lausanne ont étudié les besoins vitaux du grand tétras, et ce qu’il est possible de faire pour qu’il y ait à nouveau plus de spécimens de son espèce en Suisse. Les oiseaux vivent dans les forêts de montagne au-dessus de 1000 m, et ils ont besoin d’habitats qui offrent une grande diversité. La forêt doit comporter non seulement des épicéas, mais aussi des pins et des sapins pectinés, et un mélange d’arbres jeunes et vieux. Les arbres ne doivent pas être trop serrés, pour que les rayons du soleil pénètrent jusqu’au sol, et pour que le gros oiseau trouve des «pistes de décollage». Les oiseaux adorent les arbustes denses avec des myrtilles. Ces baies complètent leur menu, constitué en été de bourgeons, feuilles, graines, fruits, mais aussi de larves d’insectes. En hiver, ils se nourrissent des aiguilles de conifères.

Les forêts clairsemées sont devenues rares chez nous. C’est une des raisons pour lesquelles il ne reste que peu de grands tétras en Suisse. Les perturbations par des humains sont également responsables de la disparition progressive de cet oiseau. Les rencontres avec des skieurs hors-piste en forêt, des raquetteurs, des cueilleurs de champignons et de baies ou des vététistes effarouchent les animaux et les stressent. En s’envolant, ils perdent beaucoup d’énergie, ce qui les affaiblit, surtout en hiver, ou bien deviennent une proie facile pour les prédateurs.

Une protection pour les espèces qui préfèrent la lumière

Pour rédiger le plan d’action grand tétras de l’Office fédéral de l’environnement, de nombreux résultats de recherche ont été utilisés. Ils indiquent comment entretenir les forêts de montagne et comment protéger les animaux des perturbations. Désormais, les chercheurs et protecteurs de la nature suivent la bonne mise en œuvre de ces mesures et vérifient si elles permettent l’augmentation du nombre des oiseaux. C’est pour cela que Kurt Bollmann parcourt aujourd’hui les forêts d’Amden et recherche les traces du grand volatile.

Mais pourquoi protège-t-on justement cette espèce dans les forêts de montagne? «Le grand tétras est ce que les scientifiques appellent une espèce parapluie: lorsqu’il se sent bien, alors d’autres espèces d’oiseaux et de plantes qui ont aussi besoin de forêts clairsemées se portent mieux,» explique Kurt Bollmann. Quoi qu’il en soit, ce serait vraiment dommage que ce bel oiseau disparaisse de nos forêts de montagne, même s’il est rare de l’apercevoir. Cette espèce fait partie de notre biodiversité, composée d’une grande variété d’animaux, de plantes et d’espaces vitaux.

Au WSL...

... les chercheurs travaillent actuellement pour repérer les endroits où le grand tétras pourrait être présent dans les Alpes suisses, et pour prévoir l’impact des changements climatiques sur son habitat. Ils étudient également l’influence des mesures de protection sur le nombre de grands tétras.

Pour en savoir plus:

 

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