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02.02.2017

Attention peinture fraîche!

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Les eaux de fonte du glacier de Gorner dévalent la gorge de la Gornera lorsqu’elles ne sont pas turbinées pour la production électrique. Dans ce dernier cas, comme sur la photo, la gorge est pratiquement à sec. On voit les peintures des chercheurs sur les parois rocheuses. Photo: Alexander Beer/WSL
 
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Ce n’est pas de l’art, mais de la science: avec une couche régulière de peinture, les chercheurs peuvent mesurer la vitesse d’érosion de la roche par l’eau. Photo: Jens Turowski/GFZ
 
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Alexander Beer, chercheur au WSL, vérifie avec le balayeur laser si les résultats de la peinture de l’érosion sont fiables. Photo: Jens Turowski/GFZ
 
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Voici les photos de la peinture de l’érosion prises par les chercheurs. Le 6 juin, la peinture est toute fraîche (a), le 9 juillet elle était déjà érodée en partie (b). La photo (c) montre une vue rapprochée de la zone où s’est produite l’érosion. Photo: WSL
Clique sur les photos pour les agrandir.

Ce n’est pas de l’art, mais de la science : des chercheurs du WSL et leurs collègues allemands ont peint les parois rocheuses d’une gorge près de Zermatt. Cette méthode simple leur a permis de montrer comment l’eau attaque lentement la roche.

L’eau, les glaciers et le vent rongent la surface de la Terre et finissent par la détruire. Ce processus est appelé érosion. Même les roches les plus dures ne peuvent y échapper. Dans le lit d’un torrent par exemple, l’eau use les rochers et finit par les emporter avec le temps. La roche arrachée se dépose alors en d’autres endroits sous forme de graviers ou de sable. Les chercheurs du WSL veulent savoir à quelle vitesse ce processus se déroule, et comment ces matériaux rocheux arrivent dans les torrents et les fleuves, car ils pourraient être dangereux pour les ponts ou les lacs de barrage.

Jusqu’ici il fallait des appareils très coûteux, par exemple des balayeurs laser, et une bonne dose de technologie pour mesurer les petites ablations de la surface des rochers. Il est souvent difficile d’installer ces appareils dans le lit d’un torrent. Des chercheurs du WSL et du GeoForschungsZentrum allemand GFZ ont donc testé de nouvelles méthodes permettant de faire apparaitre et de mesurer l’érosion dans les torrents de montagne avec des moyens beaucoup plus simples.

Des peintures sur le rocher

Dans la gorge de la Gornera près de Zermatt, les chercheurs ont « décoré » la roche de bandes transversales et longitudinales à l’aide de peinture insoluble dans l’eau. Ils ont ensuite photographié régulièrement cette « grille » depuis un point fixe. Les photos indiquent comment l’eau ronge petit à petit la peinture, en transformant les motifs colorés. Les chercheurs peuvent alors évaluer la quantité de roche entraînée par le torrent.

Ils ont appelé leur nouvelle méthode la « peinture de l’érosion ». Grâce à celle-ci, ils peuvent montrer à quels endroits l’érosion est forte, et à quels endroits elle est plutôt faible, et ils ont constaté que ce sont surtout les cailloux entraînés par le torrent qui en sont responsables. Cette méthode a de nombreux avantages : elle ne demande pas d’installations fixes, peut être mise en œuvre à peu près partout, et il suffit aux chercheurs pour évaluer les résultats de regarder les photos, aucun appareil coûteux n’est nécessaire.

Mieux que les balayeurs laser

Est-ce qu’il suffit de photos pour mesurer l’érosion ? Les chercheurs ont vérifié les résultats de la peinture de l’érosion en étudiant également les rochers peints avec un balayeur laser. Ils ont constaté que la méthode simple est même parfois meilleure que la méthode complexe : sur les photos on pouvait voir d’infimes ablations que le balayeur laser n’a pas pu détecter.

Les chercheurs ont évidemment choisi une peinture respectueuse de l’environnement. Ils conseillent toutefois à ceux qui souhaiteraient reproduire leur expérience d’en utiliser aussi peu que possible pour maintenir aussi faible que possible l’impact sur la nature. Même si la peinture de l’érosion peut être utilisée plus souvent à l’avenir, il sera donc rare de se retrouver devant des parois rocheuses bariolées dans les torrents de montagne.

Pour en savoir plus:

 

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