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Quels sont les plus gros obstacles aux déplacements de la faune sauvage?

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Le corridor écologique de Suret, dans le Canton d'Argovie. Le corridor écologique se trouve entre les deux lignes rouges; les traits noirs représentent les obstacles.
 
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Le chevreuil permet d'explorer la perméabilité des paysages et d'identifier les barrières qui s'opposent aux déplacements de la faune sauvage.
Photo: Josef Senn, WSL

En Suisse comme dans d'autres pays d'Europe centrale, la plupart de nos paysages quotidiens sont urbains. Les routes, les autoroutes et les villes fragmentent le paysage, et les espaces naturels sont souvent réduits à de petites parcelles isolées. Les habitats nécessaires à nombreuses espèces végétales et animales, mais aussi les espaces de loisirs pour les humains sont devenus plus rares. 

Quels sont ces obstacles?

Lorsque les animaux se déplacent d'un point à un autre, ils rencontrent des obstacles souvent infranchissables, comme les routes communales et cantonales, les voies ferrées, les berges exploitées par l'homme, ou encore les autoroutes clôturées, qui constituent ici la barrière la plus difficile.

Comme la faune sauvage craint les bruits de la circulation routière et la présence de l'homme en général, elle se tient, en principe, à distance des autoroutes. Par exemple, dans le Canton d'Argovie, les animaux sauvages pouvaient autrefois se déplacer entre le Canton du Jura et la Suisse centrale en empruntant le corridor écologique de Suret.  Mais aujourd'hui, ils sont confrontés à des obstacles parfois insurmontables: l'autoroute nationale A1 et l'autoroute cantonale T5 traversent ce corridor, ainsi que  la ligne ferrée Berne-Zurich des CFF, clôturée par endroits, et les berges de l'Aare, exploitées par l'homme. C'est ce que l'on appelle un «corridor écologique interrompu» (voir encadré pour plus d'infos). 

Quel est l'impact de ces obstacles pour l'homme et l'animal?

En Suisse, toutes les autoroutes sont clôturées. Il arrive parfois qu'un chevreuil ayant emprunté une voie d'accès se retrouve «piégé» sur l'autoroute où il sera le plus souvent écrasé. Dans le cas d'une route non clôturée, la divagation d'un animal sur la chaussée représente un grave danger et peut s'avérer mortelle pour les automobilistes comme pour l'animal.

Ces barrières, de plus, provoquent l'isolement de populations animales. C'est ce que révèle une étude génétique du WSL portant sur le chevreuil. De vastes populations animales sont divisées en unités de plus en plus restreintes, en raison d'obstacles qui les empêchent d'échanger entre elles et de se reproduire. Des écoducs sont aujourd'hui mis en place pour lutter contre l'isolement de ces groupes. Par exemple, des passerelles végétalisées enjambent les autoroutes et les axes de circulation les plus fréquentés pour permettre aux animaux de franchir sans risque ces infrastructures.

Et le WSL...?
Dans le cadre d'une étude sur le chevreuil, le WSL a identifié les principaux obstacles qui perturbent les déplacements dans le corridor écologique de la région de Suret. 176 chevreuils de la région ont été soumis à une étude génétique, puis répartis en groupes génétiques. Ce regroupement montre qu'un obstacle artificiel comme l'autoroute compartimente bien plus sévèrement l'espace vital du chevreuil que l'Aare, qui est un obstacle naturel. Ces barrières ont induit une différenciation génétique au sein des populations de chevreuils.
De vastes opérations de valorisation devraient être entreprises pour restaurer dans une certaine mesure la perméabilité de ce corridor écologique. L'étude du WSL a permis de révéler des zones critiques. Ses conclusions seront utilisées pour planifier l'implantation de nouveaux passages à faune. D'ici quelques années, une nouvelle étude sera menée pour contrôler si les mesures initiées ont produit l'effet escompté et favorisé la connexion des populations de chevreuil.

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