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Où les chutes de pierres sont-elles les plus fréquentes en Suisse?

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Des blocs isolés se sont déjà détachés de cette paroi accidentée.
 
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Cette carte de répartition des chutes de pierres (entre 2002 et 2015) indique que les cantons de montagne Berne, Valais et Grisons présentent le plus grand nombre de chutes de pierres.
 
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Un grand canton présente potentiellement plus de chutes de pierres qu’un canton plus petit. En observant cette carte du nombre de chutes de pierres pour 100 km², on constate qu’Uri, Schwyz, Nidvalden et Glaris présentent le plus grand nombre de chutes de pierres, soit 2 pour 100 km2.
 
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Cette chute de pierres n’a pas trop endommagé la route. Toutefois, des personnes auraient pu être blessées si un véhicule avait été percuté.
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Les falaises et parois rocheuses sont certes imposantes, mais peuvent être le siège de chutes de pierres dangereuses. Dans une contrée montagneuse comme la Suisse, les chutes de pierres sont donc relativement fréquentes. Par ailleurs, les changements climatiques impliquent de plus en plus de fortes précipitations, tandis que les sols qui restaient toute l’année à température négative (pergélisols) peuvent dégeler, ce qui accroit ces dangers de chutes de pierres. Pour protéger les populations, les scientifiques du WSL étudient les processus de chutes de pierres à l’aide d’observations de terrain, d’expériences en laboratoire et de modèles numériques.

Pour pouvoir déterminer à quel endroit les chutes de pierres sont les plus fréquentes, il faut déjà définir exactement ce qu’est ce phénomène. Nous désignons sous ce terme toute chute soudaine de blocs isolés. Le volume total des blocs qui dévalent la pente ne doit pas dépasser 100 m3, ce qui correspond environ à 17 autos de marque Smart. Lorsque le volume qui s’effondre est plus important, on parle d’éboulement (par exemple à l’Eiger en juillet 2006) ou lorsque le volume dépasse 150 000 Smarts, d’écroulement.

Les écroulements sont très rares. Toutefois, des recherches sur l’époque préhistorique ont montré qu’un des plus grands écroulements d’Europe a eu lieu à Flims (GR) il y a 10 000 ans. Un écroulement des temps modernes connu est survenu en 1991 à Randa (VS).

Ce sont essentiellement la topographie et la géologie qui déterminent les endroits où des chutes de pierres peuvent se produire. D’une part, le versant doit être assez raide (env. 30 °) et d’autre part, des surfaces rocheuses apparentes doivent être présentes. L’alternance du gel et dégel de l’eau dans les fissures des rochers altère les roches apparentes ; il se crée des failles et crevasses permettant à des pierres de se détacher. Le type de roche joue également un rôle: les falaises calcaires sont en général plus cassantes que les parois granitiques.

Le danger de chutes de pierres dépend par ailleurs de la météorologie et du climat. Le danger augmente énormément en cas de fortes pluies. En outre, les changements climatiques font dégeler les pergélisols et reculer les glaciers: cela dégage des versants instables et des zones rocheuses qui constituent de nouvelles surfaces propices aux dangers.

L’observation de la carte de répartition des chutes de pierres en Suisse entre 2002 et 2015 confirme que la plupart des chutes de pierres surviennent dans les cantons de montagne. Plus de 45 chutes de pierres ont été enregistrées dans les cantons de Berne, du Valais et des Grisons, alors que ceux de Schaffhouse, Genève, Appenzell Rhodes-Intérieures et Bâle-Ville n’en ont subi aucune.

La taille des cantons joue naturellement un rôle: en observant le nombre de chutes de pierres en fonction de la superficie, on constate qu’Uri, Schwyz, Nidvald et Glaris présentent le plus grand nombre de chutes de pierres. La topographie accidentée de ces cantons en est une des raisons principales.

Les chutes de pierres ne préviennent pratiquement pas, contrairement aux éboulements ou écroulements, qui s’annoncent par des chutes préalables de pierres et de blocs. En raison de leurs vitesses importantes (jusqu’à 100 km/h), les pierres qui dévalent les pentes peuvent provoquer des accidents mortels et des dommages aux voies de communication et aux bâtiments. C’est pourquoi les chercheurs du WSL étudient les processus impliqués, et identifient les moyens de protéger les populations, les routes et les maisons, notamment avec des barrières de protection, des galeries ou des digues. On notera d’ailleurs que c’est souvent la forêt qui constitue la meilleure protection naturelle contre les chutes de pierres.

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