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Les événements climatiques extrêmes influencent la répartition géographique des espèces d'arbres

Absterbende Föhren im Wallis (Schweiz)
En Valais, le changement climatique provoque le dépérissement de nombreux pins sylvestres. La mortalité a été particulièrement forte après l'été caniculaire de 2003. Photo : Matthias Dobbertin

A long terme, le changement climatique poussera certaines espèces d’arbres à quitter les régions qu’elles occupent actuellement pour en coloniser de nouvelles. En collaboration avec une équipe internationale de chercheurs, des scientifiques de l’Institut fédéral de recherches WSL ont pu établir pour la première fois à quel point des événements climatiques extrêmes – par exemple des sécheresses ou des gels prolongés – modifient la répartition géographique des espèces d’arbres et influencent leurs chances de survie.

Pour les experts, les modifications de la température annuelle moyenne ou des précipitations annuelles étaient jusqu'à présent des indicateurs fiables de l’expansion d’espèces d’arbres vers de nouvelles régions. Par exemple, si les températures continuent à se réchauffer au-dessus de la limite forestière actuelle dans les Alpes, des espèces telles que le mélèze ou l’arolle quitteront certaines régions pour en coloniser d’autres. La limite forestière se déplacera donc à long terme vers des altitudes supérieures. En revanche, les vallées intra-alpines très peu arrosées pourraient devenir trop chaudes et trop sèches pour certaines espèces actuellement présentes, au point que ces dernières disparaîtront à terme.

Les travaux d’une équipe de chercheurs du WSL, de l’Université de Tromsø, de l’Université d’état de l’Utah, de l’Université Joseph Fourier de Grenoble et de l’Université de Lausanne, récemment publiés dans la revue scientifique américaine PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), démontrent à présent que non seulement l’élévation des températures annuelles moyennes, mais aussi des événements climatiques extrêmes chassent des espèces d’arbres de certaines régions ou de certaines zones d’altitude. Cette équipe internationale a analysé une multitude de données météorologiques en relation avec la répartition en Suisse de onze espèces d’arbres. Elle a ainsi pu mettre en évidence que des sécheresses marquées en été et des gels sévères en hiver et à la fin du printemps compromettaient, voire annihilaient les chances de survie de certaines espèces.

« Un événement extrême dans une vallée alpine pourrait par exemple affecter la physiologie du hêtre ou du sapin au point de les faire disparaître localement », affirme Niklaus Zimmermann, chercheur à l’Institut fédéral de recherches WSL et premier auteur de cet article. Si les températures continuent à augmenter sensiblement, il estime qu’en particulier les périodes chaudes et sèches conduiront localement à la disparition de certaines espèces. « Ces réactions à des événements extrêmes se produiront probablement en l’espace d’à peine quelques décennies, alors que des modifications plus lentes du climat n’affecteront la répartition des espèces d’arbres qu’à l’échelle de plusieurs siècles », explique le chercheur.

Elargir l'analyse à l'échelle internationale

Ces nouveaux résultats pèseront dans le débat climatique global, d’autant plus que les scientifiques s’attendent à une augmentation du nombre d’événements extrêmes. Or plus ces événements seront fréquents, plus la variabilité climatique, c'est-à-dire les écarts par rapport à une valeur moyenne, sera marquée. Et cette étude indique que les pronostics quant à la répartition des espèces seront plus fiables s'ils sont calculés sur la base d'un plus grand nombre d'événements extrêmes.

Pour Niklaus Zimmermann et ses collègues, ces résultats impliquent que la recherche devra s’intéresser aux effets du climat et à la répartition des espèces à l’échelle internationale si elle veut mieux prévoir les changements. Le chercheur suisse attend de cette approche une avancée significative des connaissances sur les conséquences du changement climatique.

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