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Tourbières en périlRéchauffement et dépôts azotés réduisent le piégeage de CO2 dans les tourbièresLes tourbières à sphaignes retiennent environ un tiers du carbone contenu dans les sols de la planète. Or, conjuguée au réchauffement climatique, l'augmentation des apports azotés pourrait réduire fortement la capacité des tourbières à séquestrer le carbone, et risque de les transformer en source de CO2. Depuis la fin du Pléistocène (env. 12000 ans), les tourbières de l’hémisphère
Nord ont fortement influencé l’atmosphère en fixant du dioxyde de carbone (CO2)
sous forme de matériel organique partiellement décomposé (la tourbe), constitué
le plus souvent de mousses appelées sphaignes. Bien que les tourbières ne
couvrent que 3% de la surface terrestre, on estime qu’elles stockent environ
30% du carbone des sols du monde. Les tourbières à sphaignes étant dépendantes
des seuls nutriments de l’atmosphère, le moindre changement quantitatif ou
qualitatif dans les apports atmosphériques peut sérieusement mettre en péril
leur capacité de puits de carbone. L’augmentation des apports en azote
atmosphérique est provoquée par l’utilisation accrue de combustibles fossiles
et d’engrais agricoles. On estime actuellement que les activités humaines ont
doublé en 100 ans les entrants d’azote assimilable par les végétaux. Alexandre Buttler (professeur à l’EPFL et au WSL, laboratoire ECOS) et Luca
Bragazza (professeur à l’Université de Ferrara et hôte académique au WSL Site
de Lausanne) ont fait partie d’un consortium scientifique procédant à une
méta-analyse afin de déterminer comment l’apport d’azote influence le
développement des sphaignes et ainsi la productivité des tourbières. Par
recoupement de 29 expériences de fertilisation issues de 14 pays d’Amérique et
d’Eurasie, les scientifiques ont obtenu les résultats qui ont été publiés
récemment dans la revue scientifique New
Phytologist. Il a été démontré qu’un faible apport supplémentaire d’azote dans des régions
peu chargées par les retombées atmosphériques stimule ou n’affecte pas la
productivité des sphaignes, tandis que l'azote en grandes quantités provoque une baisse de la productivité
des sphaignes en comparaison avec les surfaces de contrôle. Cet effet est plus
marqué dans les régions où les dépôts d'azote sont déjà importants. Un résultat
inattendu est le fait que l’impact de l’azote interagit avec les facteurs
climatiques. Ainsi, des températures estivales plus élevées intensifient
l’effet négatif de forts apports d’azote. En effet, il ressort de l’étude
qu’une augmentation de la température moyenne en juillet de 1°C renforce autant
l’effet négatif que le ferait un apport de 4 grammes d’azote par mètre carré et
par année. Les résultats indiquent que l’augmentation des dépôts d’azote dans un contexte climatique plus chaud inhiberait fortement la capacité de séquestration du carbone des tourbières à sphaignes en freinant la production des plantes constituant la tourbe. Pour les tourbières et les sphaignes, abondance de bien nuit. Liens
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