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La biodiversité reste menacée en Suisse

La biodiversité a subi de lourdes pertes en Suisse depuis 1900 et continue à être menacée. Sa conservation requiert beaucoup plus d’efforts que par le passé. Ces résultats découlent d’un vaste projet de recherche du Forum Biodiversité Suisse, auquel ont participé plus de 80 spécialistes, dont plusieurs scientifiques du WSL. Ils viennent d'être publiés dans un ouvrage en français.

Bande culturale exensive
Bandes culturales extensives. Afin de fournir les prestations écologiques requises, toute exploitation agricole doit consacrer au moins 7% de sa surface agricole utile à une exploitation extensive.
Photo: Markus Jenny
Biodiversité en ville
Les études montrent que la promotion de la biodiversité en ville est tout à fait compatible avec les attentes du public.
Photo: Markus Kasper

Trois ans durant, plus de 80 scientifiques et experts ont collecté et analysé des données sur l’évolution de la biodiversité en Suisse depuis 1900. Leurs résultats viennent de paraître dans un livre en français et dans une brochure résumant les principales conclusions.

A de rares exceptions près, la biodiversité a subi de lourdes pertes entre 1900 et 1990. De nombreuses espèces jadis fréquentes ont vu leur territoire et leurs effectifs réduits considérablement. Certaines espèces indigènes ne sont plus présentes que sous forme de populations isolées et décimées, voire d'à peine quelques individus. De nombreux milieux naturels ont perdu une bonne partie de leur surface initiale. Alors que la diversité a atteint un niveau très bas sur le Plateau et dans les vallées, les espèces et les milieux naturels rares ont été mieux préservés dans les régions de montagne.

Quelques lueurs d’espoir

Le recul de la biodiversité entre 1900 et 1990 s’explique principalement par l’augmentation de la productivité agricole, par l’exploitation intensive des forêts excluant les vieux arbres et le bois mort, par l’extension des zones urbaines, des infrastructures de transport et du réseau routier, ainsi que par l’exploitation hydroélectrique et la pollution des cours d’eau.

Depuis les années 1990, le recul des populations de nombreuses espèces et le déclin de certains écosystèmes ont toutefois connu un ralentissement. Dans quelques rares cas, une évolution positive s’est même amorcée. Cette tendance, plutôt réjouissante, s’explique en partie par les mesures adoptées en vue de préserver et de promouvoir la biodiversité. Les ordonnances édictées pour protéger les marais, les zones alluviales, les prairies et pâturages secs ont permis de préserver ce qui subsistait de ces précieux milieux naturels. Dans l’agriculture, on a introduit les prestations écologiques requises et les surfaces de compensation écologique, ainsi que des programmes pour le maintien de la diversité des variétés cultivées et des races d’animaux de rente.

En matière de gestion forestière, on constate également une nette tendance à favoriser plus fréquemment le rajeunissement naturel. Des réserves forestières ont été créées et des mesures prises pour promouvoir les forêts clairsemées. Les stations d’épuration et la revitalisation des cours d’eau ont également un effet positif sur la biodiversité. Les projets de conservation des espèces permettent d’éviter la disparition des dernières populations de plantes et animaux rares. Cependant, ces tendances positives pour la biodiversité résultent aussi du mauvais état de celle-ci: là où presque tout a disparu, il n’y a plus grand-chose à perdre. Sur le Plateau suisse en particulier, la biodiversité a chuté à un niveau préoccupant.

La perte n’est pas sans conséquences

La Suisse aurait dû stopper la perte de biodiversité jusqu’en 2010. L’étude du Forum Biodiversité Suisse montre que cet objectif n’a pas été atteint. Les scientifiques prévoient même qu’un véritable revirement de tendance jusqu’en 2020 n’est pas envisageable dans les conditions actuelles, d’autant plus que de nouveaux facteurs comme l’essor des énergies renouvelables, l’intensification de l’agriculture dans les régions propices de montagne, les changements climatiques et les espèces invasives exercent une influence de plus en plus importante. La simple stabilisation de la situation à l’état de 2010 requiert un net regain d’engagement. 

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