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14.12.2011 Les changements climatiques modifient les forêtsLa composition des forêts suisses va fortement changer à long terme. Sur le Plateau, la hausse des températures et la fréquence plus élevée des périodes sèches vont surtout favoriser les chênes et les pins sylvestres, tandis que les épicéas et les sapins continueront de dominer en montagne. C'est ce que montrent les derniers résultats du programme de recherche "Forêt et changements climatiques" de l'Office fédéral de l'environnement OFEV et de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL, présentés le 25 octobre 2011 à Birmensdorf. Si le changement climatique modifie les conditions de croissance des forêts suisses, cela aura un impact sur la sylviculture. Les exploitants et propriétaires forestiers doivent en effet intervenir pour que la forêt continue à répondre aux attentes de la société en matière de production de bois, de biodiversité ou de protection contre les dangers naturels. Christian Küchli de l'OFEV et membre du comité de pilotage du programme de recherche attend des 25 projets subventionnés actuellement des résultats robustes au service de la politique forestière de la Suisse. "Des adaptations aux changements climatiques seront très probablement nécessaires, et auront un coût", déclare cet ingénieur forestier. Plus de chênes et moins d'épicéas sur le PlateauNiklaus Zimmermann du WSL étudie plusieurs espèces d'arbres pour en pronostiquer le potentiel. A l’aide de six modèles de climat, il tente de prévoir la répartition des espèces les plus courantes en Suisse pour les décennies à venir. "Les différentes espèces de chênes et les cerisiers vont trouver des conditions favorables, tandis que d'autres feuillus comme les hêtres et les érables sycomores deviendront plus rares à basse altitude. Parmi les conifères, ce sont surtout les pins sylvestres qui vont progresser", ajoute le biologiste. L'épicéa, actuellement produit phare de l'exploitation forestière suisse, devrait arriver rapidement à ses limites physiologiques sur le Plateau. Il souffrira des périodes sèches et devra céder sa place à d'autres espèces. Il se retirera dans des zones plus élevées et plus humides, en compagnie du hêtre et du sapin. Des images thermiques de la forêtChristian Körner et son équipe de l'université de Bâle ont survolé la canopée forestière à bord d'un hélicoptère pour en mesurer la température à l'aide d'une caméra infrarouge. Leurs résultats montrent que certaines espèces gaspillent moins l'eau que d'autres dans les périodes sèches, et peuvent ainsi maintenir plus longtemps leur métabolisme. Il s'attend à ce que les arbres utilisant l'eau avec parcimonie, notamment le chêne, puissent se développer sur des sols secs beaucoup mieux que l'érable ou le tilleul, qui nécessitent beaucoup d'eau. Quelles seront les conséquences à long terme? "Les portes sont ouvertes pour une migration de ces espèces vers des altitudes supérieures", indique Christian Körner. Cela concernera également le hêtre, la deuxième espèce des forêts suisses. On le rencontrera certainement plus souvent en montagne dans cent ans qu'aujourd'hui. Les études de Jan Remund (Meteotest) montrent que le climat est déjà devenu plus sec au cours des dernières années. Il a calculé plusieurs indices de stress hydrique pour tous les sites forestiers de Suisse. Ses modèles indiquent pour tous les sites une légère tendance entre 1976 et 2010 vers une sécheresse plus prononcée. Plus de chaleur et de sécheresse, cela signifie plus d'incendies de forêt, notamment dans le Tessin et dans le Valais. Pour pouvoir encore mieux les prévoir, Marco Conedera, du WSL, développe avec des spécialistes des pays voisins un indice de risque d'incendie. Celui-ci indiquera les conditions météorologiques favorisant un risque d'incendie élevé, ce qui constituera une première dans les régions alpines. Les chercheurs veulent établir une échelle de risque commune pour les incendies de forêt dans les Alpes, comme il en existe déjà une pour les avalanches. Entretenir les forêts pour une meilleure protection contre les avalanchesEn prenant l'exemple de la vallée de la Saas, dans le Valais, Harald Bugmann, écologue à l'EPFZ, montre sur la base de calculs numériques comment l'état de la forêt et la composition des espèces d'arbres peuvent évoluer à petite échelle en altitude. Dans les vallées chaudes et sèches, il attend dès 2050 moins d'arbres et une diversité en espèces plus faible, tandis qu'en altitude, des forêts plus variées et plus denses produiront plus de bois qu'aujourd'hui. "Aux altitudes intermédiaires, la forêt devrait être moins efficace qu’aujourd’hui pour la protection contre les avalanches", indique-t-il. Il recommande donc aux services forestiers de façonner dès maintenant des forêts plus structurées et plus riches en espèces. Amener les connaissances dans la forêtPour Peter Brang du WSL, responsable du programme de recherche "Forêt et changements climatiques", il est essentiel que ce programme livre des résultats qui puissent être traduits dans la pratique par les forestiers. "Il est très important de se rencontrer régulièrement pour établir un dénominateur commun entre les besoins de l'économie forestière et les possibilités de la recherche", souligne-t-il. Ueli Meier, responsable forestier des deux cantons de Bâle, résume cet objectif en quelques mots pour clore le séminaire: "Nous devons réussir à amener ces nouvelles connaissances en forêt". Sa position de membre du comité de pilotage du programme de recherche lui permettra sans aucun doute d'y contribuer largement. Liens
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