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Les centrales hydroélectriques mises au défi par le changement climatique

Oberaar
Central Oberaar

Photo: Kraftwerke Oberhasli AG

Le projet

Le projet a été initié et accompagné par le "Réseau de l’eau dans les régions de montagne NWB". Les travaux de recherche ont été effectués par l’Institut de géographie de l’Université de Berne GIUB, l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL, l’Institut des sciences de l’atmosphère et du climat IAC de l’EPF de Zurich, l’Institut de géographie de l’Université de Zurich et le Laboratoire de recherches hydrauliques, hydrologiques et glaciologiques VAW de l’EPF de Zurich.

De nombreuses sociétés hydroélectriques ont également collaboré de façon intensive à ce projet. Celui-ci a été soutenu financièrement par swisselectric research, l’Office fédéral de l’énergie, le canton du Valais et les Forces Motrices Valaisannes FMV.

Les résultats sont présentés dans une brochure de synthèse

En Suisse, le changement climatique n’aura guère de répercussions majeures sur la production d’énergie hydroélectrique au niveau national. Certaines centrales pourront néanmoins être fortement touchées. Telles sont les conclusions d’un projet de recherche pluriannuel présenté aujourd’hui lors d’un congrès à Viège et qui sera au cœur des discussions des 200 spécialistes invités.

C’est la première fois que, pour plusieurs installations hydroélectriques de diverses régions de Suisse, des chercheurs de différentes disciplines ont analysé les répercussions affectant la chaîne complète depuis le changement climatique régional jusqu’à la production d’électricité. Lors d’étapes intermédiaires, ils ont calculé à quelle vitesse les glaciers fondent, comment le manteau neigeux se constituera et se désagrègera à l’avenir, et quelles seront les conséquences de l’ensemble de ces processus sur le régime hydrologique des torrents et des rivières. Ils ont rassemblé leurs conclusions dans l’étude "Les effets du changement climatique sur l’utilisation de la force hydraulique" qui est publiée aujourd’hui. En voici les points essentiels:

Au sud des Alpes et dans le sud du Valais, la production d’électricité diminuera probablement vers la fin du XXIe siècle car les quantités de pluie annuelles seront à la baisse. Dans les régions fortement recouvertes de glaciers, où tous auront largement fondu d’ici 2100, on disposera temporairement, jusqu’à l’année 2050 environ, de volumes d’eau de fonte légèrement supérieurs. Si – comme on s’y attend – les précipitations sont plus abondantes en hiver et que le manteau neigeux se désagrège plus tôt, le régime des eaux sera, dans toutes les régions de montagne, plus équilibré sur l’année entière. La production pourrait de ce fait augmenter en hiver et diminuer en été, les répercussions étant faibles sur toute l’année.

Répercussions variables

Les résultats ne s’appliquent pas dans la même mesure à toutes les centrales hydroélectriques. En fonction de la situation géographique, du bassin versant et de l’exploitation hydraulique, les effets du changement climatique peuvent aussi être considérables. De surcroît, il convient de noter que dans ces analyses, seules les répercussions sur le débit et la production d’électricité ont été étudiées. N’ont pas été prises en compte celles liées aux événements extrêmes à même d’influencer l’exploitation quotidienne de façon très importante, ni les modifications dans la consommation d’électricité et sur le marché européen de l’électricité.

L’influence sur le charriage de sédiments a également été étudiée. Les quantités transportées dépendent grandement des conditions locales. Au niveau de la moyenne pluriannuelle, elles auront cependant tendance à diminuer du fait des débits à la baisse. En ce qui concerne les crues, événements déterminants pour le charriage des sédiments, aucun énoncé n’a néanmoins pu être formulé.

Bilan: En Suisse, au niveau national, les effets du changement climatique sur la production d’électricité seront faibles, en particulier dans le futur proche. Sur le long terme, certaines centrales hydroélectriques seront confrontées en revanche à des défis considérables: celles situées notamment au sud des Alpes et dans le sud du Valais, de même que celles aujourd’hui tributaires en grande partie d’eaux de fonte.

Les directeurs du projet Rolf Weingartner et Massimiliano Zappa, ainsi que Bruno Schädler, responsable de la synthèse du projet, répondront volontiers aux questions éventuelles.

Contacts et liens

Dr. Massimilano Zappa, WSL, Tél: 044 739 24 33

Prof. Dr. Rolf Weingartner, Tel: 031 631 88 74
Dr. Bruno Schädler, Tél. 031 631 85 68