Application de l’approche synusiale intégrée à l’exemple du plan de gestion des pâturages boisés de la Métairie d’Evilard (Canton de Berne)
Jean-Bruno Wettstein (Bureau d'agronomie, Ste-Croix), Allain Perrenoud (Le Foyard, Bienne), Urs Känzig (Sigmaplan, Bienne), Olivier Schneider (BOSFORE, Corcelles NE)


Sur mandat de Pro Natura Berne, une équipe multidisciplinaire composée1) de deux biologistes, d’un forestier et d’un agronome a réalisé un plan de gestion intégré de la métairie d’Evilard. Le financement de ces travaux a été assuré par la fondation Bristol.
D’une surface de 160 ha et située à une altitude moyenne de 1240 m, la métairie d’Evilard est composée essentiellement de pâturages boisés à dominance feuillue où estivent actuellement 250 génisses. L’exposition favorable et la présence de sols profonds dans les zones les moins pentues permettent la présence de pâturages de qualité, où se côtoient des herbages productifs et des zones de pelouses maigres. La structure du paysage est caractérisée par un taux de boisement faible dans la partie supérieure de l’exploitation, alors qu'on trouve des zones plus boisées dans la partie inférieure. Le secteur est apprécié des promeneurs et autres pique-niqueurs. Un restaurant offre une carte traditionnelle et un cadre champêtre. Afin de pouvoir élaborer un plan de gestion, le projet a réalisé tout d’abord une phase d’inventaire des éléments composant l’écosystème pastoral, soit : (1) la végétation selon l’approche synusiale intégrée, approche complétée par des relevés de régénération forestière et des mesures de taux de boisement à l’aide du logiciel CLAPA – DENDROS sur une partie de la surface ; (2) les infrastructures telles les clôtures, les bâtiments et les points d’eau ; (3) les pratiques pastorales et sylvicoles, et (4) les modalités de gestion économiques et financières.
Les résultats obtenus ont montré que le potentiel fourrager était insuffisamment utilisé, alors que la régénération forestière n’était assurée que dans une partie du pâturage seulement. Etant à la fois propriétaire et exploitante, la Bourgeoisie bénéficie des paiements directs (contributions d’estivage) et dispose ainsi de moyens financiers lui permettant de faire face à ses obligations. Le plan de gestion prévoit à l’avenir d’augmenter légèrement le nombre de génisses ( de 250 à 300) et de modifier le nombre et la forme des parcs. Si le chargement actuel et les pratiques pastorales devaient être maintenus, toute l’exploitation tendrait vers un type de pâturage très boisé avec comme conséquence la perte d’au moins 50% des prairies maigres inscrites à l’inventaire cantonal. En ce qui concerne la complémentarité entre l’estivage et la restauration, deux scénarios ont été présentés, l’un prévoyant la création d’une exploitation agricole à l’année avec le restaurant, l’autre stabilisant la situation actuelle avec l’estivage séparé du restaurant.