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La chalarose du frêne

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En raison de la chalarose du frêne et de la propagation vers l’ouest de l’agrile du frêne depuis son arrivée dans la région de Moscou, le frêne est une essence fortement menacée en Europe. 

 

 

La disparition du frêne dans les forêts suisses ne réduirait pas seulement la variété des es-sences, mais mettrait aussi en danger la biodiversité générale. De nombreuses espèces sont spé-cialisées sur le frêne ou sur les associations forestières qu’il domine.

Comment le frêne, essence de nos forêts, peut-il faire face à ces deux menaces ? A-t-il encore un avenir ? 

Une recherche ciblée tente de répondre à ces questions. Le WSL, et en particulier l’unité de re-cherche Santé des forêts et interactions biotiques, est à l’avant-garde dans ce domaine. Nos études sur les frênes et leurs interactions avec les organismes nuisibles permettent de ga-rantir leur pérennité en Suisse. 

 

Recherche sur les frênes tolérants à la chalarose

Pendant l’hiver 2019, des pousses de ces frênes ont été récoltées sur le terrain et ensuite greffées, afin d’obtenir un grand nombre de réplicats du même génotype pour les expériences.

 

Y aura-t-il encore des frênes à l'avenir?

Dans cette vidéo Valentin Queloz explique les recherches du WSL pour savoir s'il existe des frênes tolérants au dépérissement des pousses du frêne (provoqué par Hymenoscyphus fraxineus, un champignon importé d'Asie orientale) et à l'agrile du frêne, un coléoptère. (Sous-titres français)

 

Les essais d’infection de 2020 (dans les tiges des feuilles et dans le tronc) avec la chalarose du frêne, champignon pathogène, ont permis de trouver 5 génotypes de frêne très tolérants. Ces individus porteurs d’espoir proviennent des cantons des Grisons, de Saint-Gall, de Schwyz et de Thurgovie). Ils font maintenant l’objet d’essais supplémentaires dans la serre du labora-toire phytosanitaire de niveau biologique de sécurité 3 contre plusieurs souches de champignons de Suisse et du Japon. Ces tests additionnels sont nécessaires pour voir si les frênes tolérants jusque-là le restent après une réintroduction de souches fongiques provenant de la zone d’origine.

Les 20 frênes sélectionnés (10 sains et 10 malades) ont également été testés pour leur tolérance à l’agrile. Les arbres se sont révélés très différents dans ce domaine. Il est intéressant de noter que les deux individus les plus sensibles aux coléoptères (stations de Tuggen et Quarten) étaient aussi vulné-rables pour la chalarose. Parallèlement, des frênes plus résistants aux champignons provenant des mêmes stations ont également montré une meilleure résistance aux coléoptères. Bien qu’ils ne soient pas encore complètement évalués, ces premiers résultats sont porteurs d’espoir. Ils indi-quent que certains frênes peuvent avoir une tolérance accrue à la chalarose et à l’agrile en même temps. 

 
 

Recherche d’antagonistes naturels : virus et guêpes parasitoïdes

Dans le cadre d’un projet européen, le WSL étudie la présence de virus fongiques dans les isolats japonais de H. fraxineus. La probabilité de trouver des virus fongiques appropriés contre la chalarose est la plus grande dans la zone d’origine d’un pathogène. Grâce à des analyses dites métagénomiques, cinq virus à ARN différents ont pu être détectés, à savoir un botybirnavirus, un partitivirus, un endornavirus, un virus à ARN inconnu et un mitovirus. Ils font actuellement l’objet d’une caractérisation plus détaillée dans le laboratoire phytosanitaire du WSL.

Le WSL envisage également d’étudier diverses guêpes parasites du coléoptère pour déterminer si elles conviennent à la lutte biologique contre l’agrile du frêne. Des expériences comportementales et des évaluations d’impact environnemental sont prévues. L’objectif est d’identifier des espèces de guêpes appropriées qui pourraient être utilisées à l’avenir pour combattre l’agrile du frêne dans les forêts suisses.

 

Remerciements

Tous ces travaux ont pu être réalisés au WSL grâce au soutien financier de l’Office fédéral de l’environnement pour les projets SURVIVASH, RESISTASH (collaboration : IAP), ViroSearch et Pa-raSearch (collaboration : CABI), du Fonds national suisse pour le projet DEFENDASH (contribution n° 310030_189075/1), de SwissForestLab pour BIPAGD et du projet européen HOMED.

 

 

POUR EN SAVOIR PLUS