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Un expert du WSL à la conférence internationale sur le climat à Paris

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Dans le cadre de la lutte contre la dégradation des terres, l'ONU lance une nouvelle initiative en marge de la conférence internationale sur le climat, qui se tiend à Paris début décembre. Des fonds provenant du secteur privé permettront de restaurer annuellement douze millions d'hectares de terres dégradées et désertifiées, soit une superficie équivalant à la moitié du territoire de la Grande-Bretagne. Un chercheur du WSL apportera son expertise technique.

 

L'Organisation des Nations Unies s'est fixé un nouvel objectif ambitieux. Deux milliards de dollars doivent être investis chaque année dans des projets de restauration des terres dégradées, c’est-à-dire rendues impropres à l'agriculture vivrière à la suite d'une exploitation inappropriée, de la déforestation ou de l'érosion. A l'échelle planétaire, vingt-trois hectares de terres fertiles, soit l'équivalent de trente-deux terrains de football disparaissent ainsi chaque minute.

L'instrument de cette initiative est la «neutralité en termes de dégradation des terres» (Land Degradation Neutrality). Avec des fonds non seulement publics, mais aussi – et majoritairement – privés, une plateforme d'investissement sera créée pour fournir des ressources financières et techniques en vue de la restauration de terres dégradées. Des modèles économiques durables seront ensuite encouragés sur les terres ainsi réhabilitées. L'objectif à l'horizon 2030 serait que la superficie des terres dégradées n'excède pas celle des terres restaurées. Les fonds proviennent de l'aide publique au développement, mais aussi du secteur privé de la finance, ce qui est une nouveauté.

Le «Mécanisme Global» de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) est le moteur de cette initiative. Matthias Häni, expert en écologie des forêts et analyste, est membre de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL). Il prendra part aux entretiens officiels à Paris et répondra aux questions techniques. Matthias Häni, qui se qualifie lui-même de «crack en analyse de données», vient d’achever une étude dans le cadre d'un mandat de l'UNCCD.

L'impact des projets de développement

Les résultats de cette étude quantifient pour la première fois l'utilité des efforts d'investissement dans des projets de développement durable. Outre les facteurs rendement et risque, ce type d'investissement comporte en effet un troisième facteur: l'impact. Or, les instruments pour mesurer cet impact font actuellement l'objet d'une «une lacune colossale de la recherche», estime Matthias Häni. En effet, il est quasiment impossible d'évaluer par exemple l'érosion évitée grâce à la plantation de haies, ou encore le nombre d'enfants sauvés par la construction d'un puits.

En collaboration avec Philippe Saner, de l'université de Zurich, Matthias Häni a analysé les flux mondiaux de fonds de développement de l'ensemble des pays – qu’ils soient donateurs ou bénéficiaires de l'aide au développement. Ne serait-ce que sur la période étudiée (2012/2013), près de 130 milliards de dollars ont été engagés dans plus de 4000 projets de développement ou dans un soutien technique.

L'intérêt du travail de Matthias Häni et Philippe Saner ne se résume pas à l'analyse inédite de ces flux financiers. Il chiffre aussi avec précision la pertinence de chaque projet pour les trois grandes conventions de l'ONU sur le changement climatique, la biodiversité et la désertification, datant du sommet de Rio de Janeiro en 1992. Ces indications permettent de cibler les investissements en fonction de leur impact, selon qu'un projet porte par exemple sur la protection du climat, des espèces ou des sols.

Deux milliards d'hectares à restaurer

L'Organisation des Nations Unies estime qu’à l’échelle mondiale, deux milliards d'hectares de terres jadis fertiles ont été dégradées, et que ces terres pourraient être restaurées. Parvenir à une neutralité en termes de dégradation des terres (NDT) consisterait à maintenir un équilibre entre la destruction et la restauration. L'ONU voit dans la NDT un objectif majeur au service de la lutte contre la misère et la faim.

Dans le cadre du Forum mondial sur les paysages, qui se tiendra à Paris en marge du sommet mondial sur le climat, des débats décisifs sur la NDT auront lieu les 5 et 6 décembre prochains. Matthias Häni, chercheur au WSL, y assistera en qualité de conseiller technique.