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Éoliennes et biodiversité: un nouveau modèle calcule le bon compromis

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Des chercheurs de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL et de l’EPFL ont développé un outil capable de calculer sur 30 ans la performance d’éoliennes dans le paysage, tout préservant la biodiversité environnante. Testé sur la forêt des Carpates, en Roumanie, cet outil de simulation pourrait être adapté au Jura suisse dont les paysages sont similaires.

 

Il aura fallu le concours de trois laboratoires du WSL et de l’EPFL et un partenariat avec la Roumanie pour développer ce nouvel outil. Leur but? Mettre à disposition d’autorités locales un outil de modélisation qui permette de simuler sur le long terme la performance d’un parc éolien dans un paysage donné. Ceci en tenant compte de l’évolution du paysage et en respectant la biodiversité: le modèle permet par exemple d’y intégrer l’utilisation agricole du terrain. Un point important pour équilibrer une bonne répartition entre les surfaces de culture et de pâturages, plutôt favorables aux vents forts, et celles de forêt naturelle, dont les arbres vont plutôt réduire les performances des éoliennes.

Avec ces données, les autorités désirant implémenter un parc éolien connaissent donc le point limite auquel il faut pousser la production d’énergie et l’hétérogénéité du paysage nécessaire pour garantir la préservation de la biodiversité. Selon l’étude parue dans le journal Science of the Total Environment, si la forêt domine dans le paysage, la production d’énergie sera à 60% de son maximum dans 30 ans, pour un indice de biodiversité intermédiaire. A l’inverse, si l’on privilégie au maximum les surfaces de pâturages par la déforestation et une utilisation agricole intensive, la production d’énergie sera maximale mais la biodiversité réduite en raison du paysage banalisé.

La voie du compromis

Lorsqu’un bon équilibre est assuré, la production d’énergie est maintenue à 70-80% de son maximum et la biodiversité est maximale en raison de l’hétérogénéité du paysage et de la diversité des habitats. Ce modèle multidisciplinaire, axé sur le long terme, a également l’avantage de chiffrer la production d’un parc éolien sur toute sa durée de vie. «Nos résultats montrent qu'il est possible de trouver un compromis entre la diversitédu paysage et la production d'énergie éolienne», explique Alexandre Buttler, professeur au WSL et à l'EPFL. «Ce n'est pas la bonne approche que de viser une production d'énergie maximale.»

Depuis la chute du communisme, de nombreux pâturages boisés qui recouvraient la moitié de la région des Carpates ont été abandonnés. Or ceux-ci possédaient un fort indice de biodiversité. Leur présence générerait en outre de forts vents qui seraient favorables à l’installation d’un parc éolien. Mais aujourd’hui, la forêt y reprend ses droits. L’outil développé par l’EPFL vise donc à l’utilisation raisonnée de ces paysages pour la production éolienne, tout en préservant la biodiversité actuelle.

Cette recherche s’inscrit dans le cadre du projet WindLand, financé par le Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique, et d’une coopération scientifique du SCCER-FURIES et d’InnoSuisse avec la Roumanie. L’étude de cas a simulé l’influence de différentes politiques d’aménagement du territoire et son influence sur le potentiel énergétique éolien et la biodiversité dans le Sud des Carpates. Pour l’instant, aucun projet n’y est toutefois prévu.

Avec son terrain montagneux (de 930 à 1400m) constitué d’une mosaïque de forêts, de champs et de pâturages, avec également des arbres isolés, la topographie et le paysage des Carpates sont similaires à ceux du Jura suisse. Une application helvétique du modèle serait donc possible.

  

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