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Comment se protéger des laves torrentielles?

Illgraben - François Dufour
Le WSL entretient un site d'observation de laves torrentielles en Valais. A cet effet, le ravin de l'Illgraben a été équipée de toutes sortes de capteurs. François Dufour en explique la fonction ainsi que les objectifs du projet. Clique sur la photo pour lancer la vidéo.
 
murgang_mikrofon
Les deux appareils jaunes accrochés au-dessus du ravin sont des microphones. Ils enregistrent les bruits que font les pierres qui s'entrechoquent dans une lave torrentielle. Ces micros font partie de la station automatique d'observation installée en 2000 dans l'Illgraben, en Valais. Clique sur la photo pour l'agrandir.
 
Murgang - Warnlampe
Un système d'alarme a été mis en fonction en 2007 dans l'Illgraben. Une sirène et un gyrophare alertent les randonneurs et les vététistes dans le ravin lorsqu'une lave torrentielle se déclenche dans la montagne. Il leur reste alors environ 15 minutes pour se mettre en sécurité. Clique sur la photo pour l'agrandir.
 
Grossraumlabor
Au WSL, les scientifiques utilisent une grande maquette d'environ huit mètres de long pour étudier les laves torrentielles. Ils observent par exemple le comportement de l'écoulement pour différents matériaux, l'impact de l'écoulement de débris et le processus d'érosion, et testent des instruments avant de les utiliser en pleine nature. Clique sur la photo pour lancer la vidéo.

Les laves torrentielles sont un mélange épais d’eau et de roches dévalant à grande vitesse des pentes raides. Elles transportent parfois des rochers énormes et ont ainsi un pouvoir de destruction important. Les villages souvent situés en bas de pente sur les dépôts en forme d’éventail, appelés cônes de déjection, doivent être protégés.

Lancer l’alerte

Le spectaculaire ravin de l’Illgraben, en Valais, a été creusé par l’Illbach, un des torrents les plus fréquemment concernés par les laves torrentielles en Suisse. Sur son cône de déjection – c’est-à-dire là où les débris s’accumulent -, se trouve un camping, et de nombreux touristes et vététistes se déplacent dans cette zone. En collaboration avec le WSL, les autorités responsables de l’Illgraben ont donc réfléchi ensemble aux moyens de protéger cette zone.

L’élément le plus important (et le plus visible) de leur concept est un système automatique d’alerte équipé de sirènes et de signaux lumineux pour avertir les randonneurs et les cyclistes dans l’Illgraben. En amont du cours du torrent, des capteurs radars et des microphones détectent le remplissage du lit du torrent et les chocs des rochers. Les systèmes d’alerte sont activés par l’intermédiaire du réseau de téléphonie mobile. Les experts se rendent également à pied dans l’Illgraben pour détecter les premiers signes de laves torrentielles.

Arrêter les laves torrentielles

Lorsqu’un village ou une voie de communication importante sont menacés par une lave torrentielle, on essaie soit de la dévier, soit de l’arrêter. Elle peut être déviée par des digues en enrochement ou des murs de béton. Pour l’arrêter, on utilise de grands bassins collecteurs, fermés en aval par un barrage. Seul un passage étroit permet à l’eau de s’écouler.

Les petites laves torrentielles peuvent être stoppées par des filets dans le lit du torrent. Les chercheurs du WSL ont testé des filets à laves torrentielles de ce type, qui ressemblent à des filets de protection contre les chutes de pierres. Ils fonctionnent comme une passoire: les roches et graviers sont bloqués par le filet, tandis que l’eau s’écoule, ce qui stoppe la lave torrentielle. Certains filets ont aujourd’hui une taille impressionnante: l’un d’entre eux, sur le Hüpbach, dans l’Oberland bernois, atteint 40 mètres de large sur 14 mètres de haut.

Au WSL...

... les chercheurs exploitent depuis 2000 le réseau d’observation et de mesure de l’Illgraben, et ont également développé le système d’alerte. Une deuxième station d’observation se trouve sur le Dorfbach à Randa dans le Valais.

... les chercheurs font dévaler des modèles de laves torrentielles dans le grand laboratoire sur une sorte de toboggan long de huit mètres. Ils peuvent ainsi étudier leurs caractéristiques d’écoulement.

Avec les données du grand laboratoire et des stations de mesures dans les Alpes, les chercheurs du WSL peuvent simuler numériquement le phénomène et prévoir où une lave torrentielle d’une certaine taille s’écoulerait le plus probablement. Grâce à ce logiciel, les communes peuvent déterminer quelles sont les zones menacées sur leur territoire. Il existe un logiciel similaire pour la simulation des avalanches et des chutes de pierres (voir la page web RAMMS).

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