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Minuscules géants des mers: une carte mondiale montre pour la première fois la répartition des espèces de phytoplancton

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Ces organismes vivants sont de taille microscopique et réalisent toutefois une performance gigantesque: le plancton végétal des océans produit plus d’oxygène que toutes les forêts tropicales réunies, fixe de grandes quantités de CO2 et sert de moyen de subsistance à de nombreux animaux marins. Or du fait du réchauffement des océans, la productivité du plancton pourrait s’amoindrir. La diversité va-t-elle aussi reculer? La réponse demeure incertaine. «À ce jour, on ne connaissait même pas la répartition des espèces de phytoplancton dans les océans de la planète», explique Damiano Righetti, doctorant dans le groupe de physique environnementale à l’EPF de Zurich.

 

C’est la raison pour laquelle, en collaboration avec Niklaus Zimmermann, chercheur au WSL, il a élaboré une méthode afin de représenter la répartition spatiale et temporelle des espèces de phytoplancton. À cet effet, il a compilé, depuis des bases de données, plus d’un demi-million de données de mesure portant sur 536 espèces différentes. À l’aide d’un modèle informatique, il a dressé la première carte des schémas de diversité mondiaux.

Le résultat: de l’équateur aux pôles, le nombre total des espèces de plancton diminue – un phénomène que l’on connaît chez les espèces terrestres. Mais contrairement à celles-ci, la baisse n’est pas continue. Entre le 35e et le 55e degré de latitude, la diversité est nettement plus faible qu’on ne pourrait l’escompter alors qu’en direction des pôles, elle augmente à nouveau. Selon les chercheurs, la forte diminution aux latitudes moyennes serait potentiellement liée aux conditions environnementales difficiles et changeantes au rythme des saisons.

Le nouveau modèle a permis de déduire les schémas de biodiversité du phytoplancton à partir de données très lacunaires et réparties irrégulièrement. «Celles-ci proviennent le plus souvent d’échantillons d’eau de mer collectés le long des voies maritimes habituelles. En provenance de zones peu fréquentées, les données sont très rares», indique D. Righetti. Il est ainsi possible de compenser la densité inégale d’échantillonnage grâce au modèle. Celui-ci permet aussi de prédire l’évolution de la biodiversité du phytoplancton lorsque les températures de la mer continueront à grimper. (Claudia Hoffmann, Diagonale 1/19)