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Station d’observation de laves torrentielles

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Depuis 2000, le WSL observe les laves torrentielles naturelles qui s’écoulent dans l’Illgraben, un bassin versant extrêmement actif situé près du village de La Souste (Loèche), dans le canton du Valais. La station d’observation est équipée d’instruments, les uns standards, les autres uniques, destinés à fournir des informations pour nous aider à mieux comprendre les processus de laves torrentielles.

 

L'actu

 

Les collaborateurs de nombreuses universités nationales et internationales utilisent les données de l’Illgraben ainsi que de nouvelles observations pour mieux appréhender les laves torrentielles et leur formation. Un système d’alerte à plusieurs niveaux a été installé en 2007 pour la collectivité, afin d’évacuer les personnes du parcours des laves et de prévenir la commission locale de sécurité.

Fréquence des laves torrentielles dans l’Illgraben

Le bassin de l’Illgraben s’étage entre le sommet de l’Illhorn et la confluence avec le Rhône. Les pentes raides du bassin supérieur reposent sur des formations et structures géologiques qui favorisent les mouvements de masse par glissements de terrain et chutes de pierres ainsi que le dépôt de sédiments abondants dans des ravins abrupts. La topologie du bassin concentre les écoulements d’eau sur les dépôts de sédiments, où les laves torrentielles se forment soit par entraînement direct de ces sédiments par l’eau, soit par l’intermédiaire de petits glissements de terrain qui prennent du volume en emportant les sédiments du lit des torrents. Les laves torrentielles se produisent essentiellement à la suite de fortes précipitations engendrées par des orages ou des fronts météorologiques. Chaque année, on observe en moyenne 3 à 5 laves torrentielles et d’autres crues entraînant des débris.

 

La recherche dans l’Illgraben

Des campagnes de mesures spéciales, souvent dans le cadre de projets mis en œuvre par des partenaires externes, ont été également effectuées pour mieux comprendre certains aspects du processus des laves torrentielles, notamment l’érosion et les dépôts dans le lit du torrent (Berger et al., 2011a, Schürch et al., 2011), la détection des laves torrentielles par infrasons (Kogelnig et al., 2014), et les méthodes sismiques avancées pour explorer la formation des laves torrentielles et leur propagation le long du lit (Burtin et al., 2014). Le module d’entraînement des laves torrentielles (accumulation) du modèle d’écoulement RAMMS (Frank et al., 2015) est basé sur des balayages laser soigneusement répétés sur un tronçon du lit de l’Illgraben, réalisés par des chercheurs de l’Université de Durham (Schürch et al., 2011). En collaboration avec Geobrugg AG, des filets métalliques ont été installés dans le lit de l’Illgraben. Les résultats de ce projet (Wendeler et al., 2006, 2008) ont été utilisés pour améliorer la conception des barrières flexibles contre les laves torrentielles.

Pour mieux comprendre la formation des dépôts de sédiments et la mise en mouvement des laves torrentielles, de nombreux projets de recherche ont été lancés, notamment des investigations sur le couplage entre l’inclinaison des pentes et les sédiments dans le lit (Schlunegger et al., 2009), des observations de glissements de terrain sur le substrat rocheux (Caduff et al., 2014) et la formation de dépôts de sédiments dans les ravins (Berger et al., 2012, Bennett et al., 2012, 2013) qui sont ensuite mis en mouvement pour devenir des laves torrentielles. La chronologie à long terme des glissements de terrain et une analyse du système de bassin versant du torrent (Bennett et al., 2013) en collaboration avec le professeur Peter Molnar à l’ETH de Zurich pourraient également être utilisées pour développer un modèle relativement simple expliquant de nombreux aspects de la formation des laves torrentielles dans l’Illgraben (Bennett et al., 2014).

Système d’alarme à plusieurs niveaux dans l’Illgraben

Au printemps 2007, un dispositif d’alarme de la collectivité de Loèche (canton du Valais) pour les laves torrentielles a été installé dans l’Illgraben. La conception du système a bénéficié des expériences des projets de recherche effectués dans l’Illgraben (Badoux et al., 2009). Le concept d’ensemble comprend la diffusion des informations aux résidents et aux touristes, les observations répétées des zones de problèmes potentiels dans le lit du torrent et dans le bassin, et le système d’alerte lui-même consistant en sirènes et flashs lumineux. Lorsqu’une lave torrentielle se déclenche, les capteurs du bassin versant détectent automatiquement l'évènement et déclenchent une alarme en différents points du parcours, ainsi que l'envoi d'informations aux responsables locaux de la sécurité. Suivant le type de phénomène (lave torrentielle, crue charriant des débris, crue classique), le temps s’écoulant entre la détection dans le bassin et l’arrivée dans les zones habitées du cône de déjection peut atteindre 15 minutes. Durant les deux années d’observation, le système a généré 28 alertes, dont 6 concernaient des laves torrentielles, 21 des crues charriant ou non des débris, et seulement une fausse alerte (Badoux et al., 2009). Les recherches récentes (Abancó et al., 2012) aident à affiner l’interprétation des données pour continuer à améliorer la qualité des informations utilisées par les responsables de la sécurité, et donc finalement la fiabilité et la précision des systèmes d’alarme.

 
 

POUR EN SAVOIR PLUS