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Jardins riches en espèces: des oasis urbains à haute valeur sociale

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19.03.2019  | Reinhard Lässig |  News WSL

 

Les espaces verts tels que les jardins familiaux ou les jardins privés sont un havre de paix pour de nombreuses personnes dans les agglomérations urbaines. Ils offrent la proximité de la nature, le calme et la détente. Elles sont une oasis de biodiversité et revêtent une grande importance sociale, comme en témoigne une enquête de l'Institut de recherches WSL et de l'Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL).

 

Les agglomérations urbaines très denses sont souvent pauvres en espèces végétales et animales. De nombreux habitants les évitent pendant leur temps libre, alors qu’ils sont attirés par les espaces ouverts et non goudronnés et les parcs et jardins. Des chercheurs de l'Institut fédéral de recherches WSL et de l'Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) ont voulu comprendre les raisons de cet attrait. Ils ont mené 48 entretiens et remis deux questionnaires à environ 1800 utilisateurs de jardins familiaux et privés pour les interroger au sujet de la diversité naturelle et la valeur sociale de ces jardins. Les chercheurs voulaient aussi savoir ce qui pousse les personnes interrogées à entretenir un jardin d'une certaine façon et quelles motivations et convictions influencent leur comportement.

 

Les citadins cherchent à rompre avec le quotidien

Les 724 questionnaires qui ont pu être évalués dans la première étude révèlent que la grande majorité des propriétaires et des locataires de jardins familiaux et privés aiment passer du temps dans la nature avant tout pour fuir le quotidien. Le fait que cela réussisse réellement est démontré par les données de la deuxième enquête : « La plupart des jardiniers se sentent beaucoup plus détendus après leur séjour dans le jardin qu'auparavant, en particulier dans les jardins familiaux », explique Nicole Bauer, du WSL, pour résumer une des principales conclusions de cette étude. Les citadins se rendent dans leurs jardins principalement pour être au grand air et profiter de la beauté de la nature et de la tranquillité. Pour 15 % d'entre eux, le jardinage est cependant aussi un facteur de stress car il exige parfois beaucoup de dur labeur.

Interrogés sur la manière dont ils entretiennent leur jardin, la majorité des propriétaires et locataires déclare souhaiter s'engager à promouvoir la biodiversité. Leur choix est dû à leur perception de la beauté de la nature, mais aussi à leur responsabilité envers l'environnement et parce qu'ils s'identifient à un jardin géré de manière proche de la nature. Plus précisément, les utilisateurs favorisent la biodiversité en créant des plates-bandes de légumes et de fleurs et des habitats tels que des tas de branches pour les hérissons, des nichoirs pour les oiseaux, ou des parterres fleuris et des « hôtels » pour les insectes. La construction de murs en pierres sèches est particulièrement populaire auprès des utilisateurs de jardins privés.

L'enquête montre également que dans les jardins entretenus de manière extensive avec de nombreuses structures et habitats différents, le nombre d’espèces animales et végétales et de représentants de ces espèces est toujours plus élevé que dans les jardins gérés de manière intensive avec des structures plus homogènes telles que les pelouses. À cet égard, les jardins familiaux ont une longueur d'avance sur les jardins privés. Ainsi, la culture maraîchère à grande échelle mais finement parcellisée, comme elle est pratiquée dans les jardins familiaux, favorise en particulier les espèces pionnières, par exemple celles de la famille des carabidés. C'est la raison pour laquelle les jardins privés comportant une végétation riche en espèces et composée d'arbres d'âges différents se caractérisent par une activité accrue d'oiseaux – en particulier dans les centres-villes densément bâtis.

Les jardins sont à la fois un lieu social et un contrepoids à la densification

Outre leur fonction récréative, les jardins urbains assurent une fonction sociale importante : ce sont des lieux de rencontre utilisés non seulement par leurs locataires ou propriétaires, mais aussi par les voisins et amis de ces derniers. En trois mois, la plupart des locataires et des jardiniers accueillent jusqu'à dix invités dans leur jardin. Robert Home, du FiBL, est convaincu qu'à plus long terme, « les jardins feront contrepoids aux quartiers densément peuplés, d'une part pour des raisons sociales, parce que les habitants des villes densément peuplées aspirent à plus de paix et de contacts sociaux, et d'autre part pour des raisons écologiques, parce que dans les quartiers riches en jardins, la diversité des espèces et des habitats est plus grande qu'au milieu de grands immeubles et à proximité de rues bruyantes. »

Les résultats de cette étude financée par le Fonds national de la recherche dans le cadre du programme Sinergia suggèrent donc qu'il serait judicieux d'inclure les surfaces cultivées privées dans les stratégies des villes pour la biodiversité, et de bénéficier ainsi de l'engagement des jardiniers et jardinières amateurs. Cela inclut les jardins familiaux situés aux abords des villes et qui contribuent de manière importante à maintenir des espaces verts gérés extensivement. Si tous ces aspects étaient pris en compte dans l'aménagement urbain et spatial, qui va généralement dans le sens de la densification, la qualité de vie globale dans les agglomérations urbaines pourrait être maintenue à un niveau aussi élevé que possible.

 

Huit nouvelles espèces d'insectes

David Frey, Marco Moretti (WSL) et leurs collègues ont étudié la biodiversité des plantes et des animaux. Ils ont identifié plus de 150 000 invertébrés et enregistré plus de 1100 espèces animales et plus de 1000 espèces végétales. « Notre jeu de données sur la biodiversité en surface est l'un des plus importants au monde à avoir été collectés dans les jardins », précise David Frey. Un jardin moyen à Zurich abrite 119 espèces végétales et 142 espèces animales. Les chercheurs ont même identifié huit espèces d'insectes qui n'avaient jamais été observées en Suisse auparavant.

 

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