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Une forêt diversifiée protège bien des glissements de terrain

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Quel type de forêt protège au mieux des glissements de terrain et des coulées de boue ? Des chercheurs du WSL et du SLF apportent des réponses grâce à une banque de données riche aujourd’hui de plus de 750 observations. La dernière édition du Journal forestier suisse (JFS) présente une synthèse sur la fonction de protection des forêts et des arbres.

 

Dans un pays montagneux comme la Suisse, les pentes ne sont pas seulement associées aux plaisirs des sports d’hiver, mais aussi à des dangers naturels. En effet, sur 6 à 8 % de la surface du pays, le sol est instable, surtout dans les régions préalpines et alpines. Le terrain se met souvent en mouvement, notamment sur les versants raides après de fortes précipitations. Dans le cas des coulées de boue, les sols sur les versants se gorgent d’eau et se liquéfient littéralement, ce qui représente un grand danger pour les bâtiments, les routes ou chemins de fer. Lors des glissements de terrain superficiels, qui contiennent moins d’eau que les coulées de boue, c’est la couche supérieure du terrain qui se met en mouvement.

Les changements climatiques vont encore augmenter ce type de risque : si, comme on le prévoit, les précipitations intenses sont de plus en plus nombreuses, ces glissements superficiels et coulées de boue devraient devenir plus fréquents. La forêt réduit partiellement ces risques – c’est d’ailleurs pourquoi les versants raides sont reboisés depuis plus de 100 ans. La nouveauté, c’est qu’il ne faudrait pas favoriser n’importe quel type de peuplement. Cette recommandation découle de l’analyse de plus de 750 glissements dont les caractéristiques ont été enregistrées par les chercheurs du WSL depuis 1978 dans une banque de données. Ces données sont disponibles depuis peu sur Internet.

Les épicéas sont facilement déracinés

Plusieurs chercheurs se sont attelés à synthétiser les derniers résultats concernant l’influence de la forêt sur les glissements dans une édition spéciale du Journal forestier suisse (JFS). La place accordée à ce thème souligne à quel point l’état de la forêt est important : les forêts très denses et les chablis protègent moins bien des glissements de terrain que celles avec une structure de peuplements étagés. Toutefois, sur les pentes très raides, les forêts atteignent leurs limites : sur les pentes de plus de 38°, on observe plus de glissements en forêt que dans les espaces ouverts. Les forêts en très forte pente sont en général moins soignées et se trouvent principalement dans des zones plus élevées et difficilement exploitables, où par ailleurs les épicéas vulnérables aux tempêtes et aux scolytes sont fortement représentés. Les épicéas n’ont pas de racines profondes, et sont donc facilement arrachés sur les versants raides.

Le type de forêt apportant la meilleure protection a été identifié par les chercheurs de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) et de l’Institut d’étude de la neige et des avalanches SLF, grâce à des jeux de données à grande échelle sur la végétation et les phénomènes naturels. Ils montrent que la reforestation et les perturbations naturelles comme la tempête Lothar, dont le 20e anniversaire sera commémoré en décembre, mais aussi une exploitation habile peuvent fortement influencer la fonction de protection de la forêt contre les glissements de terrain. « Des structures les plus variées possible en forêt, aussi bien au-dessus qu’en dessous de la surface du sol, protègent au mieux contre les glissements de terrain », confirme Christian Rickli, un des auteurs de l’étude. Pour ceci, il faut un bon mélange de différentes essences, ainsi qu’une structure d’arbres de tous âges.